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Avis des lecteurs
Ce livre étonnant est d'abord un "révélateur" car il oppose aux apparences et aux discours démagogiques sur le travail et l'entreprise, la réalité telle qu'elle est... et non telle qu'elle semble être.
Sans parti pris, Jean Meilhaud, l'un des meilleurs journalistes économiques français, affirme que, par lâcheté ou paresse intellectuelle, ceux qui nous dirigent ou nous informent nous racontent n'importe quoi, alors même que les réalités économiques sont parfaitement explicables, si ce n'est justifiables.
Partant des mensonges dont on nous abreuve, l'auteur analyse de manière critique (et objective !) les points clés du système : la lutte pour le pouvoir entre actionnaires et dirigeants, l'argent roi (mais le roi est fou), l'impuissance du management à maîtriser la complexité, les révolutions technologiques, la judiciarisation du monde des affaires, la douloureuse introduction des méthodes du privé dans le public, les chemins obscurs de la mondialisation, les démissions des pouvoirs établis face au pouvoir économique...
Brillamment argumenté, son livre met en avant l'un des grands paradoxes d'aujourd'hui : c'est au moment même où l'entreprise est devenue la référence en matière d'efficacité qu'elle a trahi les espoirs mis en elle. Un gouffre s'est creusé entre les discours mensongers et fallacieux sur la société et la brutalité de la réalité !
"Les DRH dans la marmite
Après la confusion autour de la "journée de solidarité" du 16 mai, les directions d'entreprise vont vite retrouver une autre réalité : celle d'un profond malaise social en leur sein. /.../
/.../ Ces thèmes trouvent aussi une caisse de résonance dans l'édition où les livres sur la dépression sociale font florès /.../ dernier en date "Faux ! les grands mensonges sur le travail et l'entreprise" de Jean Meilhaud. /.../"
"La vraie nature de l'entreprise
L'entreprise n'est pas un modèle de vertu. Ce livre permet de mieux trier les idées qui la structurent.
L'entreprise passe par des hauts et des bas. Cette belle machine capable de fabriquer des produits sans cesse plus ingénieux à des prix de plus en plus bas n'est pas un modèle de vertu. « Elle a été dévoyée par des dirigeants qui se sont comportés comme des délinquants ou, sans sortir de la légalité, l'ont mise à leur service exclusif. »
Jean Meilhaud, qui a été journaliste pendant trente ans à l'hebdomadaire « L'Usine nouvelle », après avoir fait ses premiers pas à Lyon dans la presse quotidienne régionale, ajoute : « L'entreprise a été entraînée dans des voies qui n'ont pas été conçues pour elle. Rien d'étonnant à ce qu'elle en perde le sens de ses limites et de ses responsabilités. »
Les questions que bien des observateurs posent, parfois dans la plus grande confusion, trouvent dans ce livre des réponses. Mais celles-ci sont rarement tranchées. L'auteur met un point d'honneur à cadrer et définir les sujets, à refuser les amalgames, à ne pas prendre les effets pour la cause.
Quatre des questions posées par Jean Meilhaud permettent de se faire une idée du champ couvert et du ton utilisé.
1. La vocation de l'entreprise est-elle de créer des richesses ou de faire gagner de l'argent à ses actionnaires ? Ce n'est pas une question de cours. L'actualité regorge d'informations sur ce thème récurrent du capitalisme. Jean Meilhaud se garde bien de renvoyer dos à dos les néo-libéraux disciples de Milton Friedman et les partisans de l'entreprise humaniste. Comme il se méfie des théoriciens, l'auteur plonge dans ce qu'il appelle « l'économie réelle », celle qu'il a rencontrée, au cours de ses reportages, depuis la fin des années 1960. Ses critiques sont variées, comme le gibier qu'il débusque. Car Jean Meilhaud chasse avec des petits plombs.
2. Peut-on être heureux au travail ? La question dérange. Pour certains dirigeants, elle ne se pose même pas : a- t-on le choix de travailler ou de ne pas travailler ? Or, l'épanouissement au travail est une question de fond. Du bonheur au travail dépend la productivité (mais oui !), l'innovation, la satisfaction du client, l'image de l'entreprise dont les patrons et les actionnaires raffolent. Jean Meilhaud aurait pu dresser le bêtisier des relations sociales dans l'entreprise depuis quarante ans. Il n'en fait rien. Il observe, quand même, que, « sans les salariés, les entreprises seraient plus faciles à gérer ». Une boutade ? Lorsqu'on voit l'appétit de certaines entreprises à fermer leurs usines pour ne plus avoir à gérer leur personnel, on peut en douter.
3. La réactivité est-elle une stratégie ? Non. Cette mode managériale cache le vide de la pensée. Jean Meilhaud, qui se fait l'historien des systèmes d'organisation, dresse un rapide panorama des modes et concepts de management. Il en conclut que, en la matière, « la créativité semble atteindre un palier ». L'échec de la nouvelle économie, fondée sur l'idée qu'il vaut mieux être le premier que d'être intelligent, lui donne raison.
4. Pour qui crée-t-on de la valeur ? Pour les salariés, les clients ou les actionnaires ? Jean Meilhaud n'est pas dupe. On ne juge pas seulement l'entreprise sur sa solidité et sur sa rentabilité, mais sur la différence entre ce que l'investisseur lui apporte et le bénéfice qu'il en retire. Le débat sur la création de valeur boursière est toutefois un peu escamoté au profit de celui de la financiarisation de l'économie.
Sur la globalisation, la judiciarisation qui affecte l'entreprise, l'innovation, les nouveaux concurrents chinois, l'argent, le stress ou le « management panique », Jean Meilhaud déblaie, trie, dépoussière, range, soupèse parfois avec trop de prudence les idées qui structurent l'entreprise.
Sans esprit de parti, il dit comment il voit l'entreprise et ce qu'il en pense. Comme il n'accepte aucune solution sur la foi d'une autorité, le livre soulève un vent de liberté qu'il est agréable de respirer.
ALAIN PAUCHE
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PDF, format 160 x 240, 318 pages
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